comme si de ne rien n’était

Comme si de rien n’était elle continue de jouer à la dînette, faire pour de faux avec de la vrai eau et en mettre partout. N’avoir presque pas envie de la gronder tellement ça fait du bien son enfance.

Comme si de ne rien n’était papa va travailler avant le lever du jour et revient avec un bon gâteau pour remercier supermarraine  de sa disponibilité improvisée.

Comme si de ne rien n’était, je suis dans les « starting blocs » J-1 ça ne s’invente pas, on continu d’attendre la vie, l’attendre frénétiquement, impatiemment peut être encore plus que la première peut-être pour se remplir de l’ivresse de la joie de ce petit bout de vie  qui nous rejoins et qui réveille notre quotidien un peu comateux depuis ce jour là.

Une petit vie contre toutes celles enlevées, un peu d’espoir quand même, beaucoup de joie aussi, chez nous, ailleurs, comme si de ne rien n’était .

Ils continuent à se « chicaner », se battre pour de faux (quoi que vu le tapage je ne sais pas si c’est tellement pour de faux) et venir « porter plainte » dans le giron maternelle comme si de ne rien n’était. Comme si cette violence n’avait pas suffit mais eux dans leurs jeux d’enfants c’est la vie qu’ils apprennent.

Comme si de rien n’était, on reprend peu à peu chacun à son allure le quotidien. On se surprend même parfois à espérer.

Notre monde est marqué au fer rouge,notre monde est frappé par la haine, la méchanceté gratuite mais il est aussi transformé par tous ceux qui sont là debout continuant leurs travail auprès de nos jeunes dans la confiance, dans la transmission de l’ESPERANCE malgré la peur parfois. Il est transformé par chacun de nous, par nos actes, nos sourires peut être comme si de rien n’était mais pas que.

Seigneur donne nous un cœur d’enfant, un cœur innocent et plein de confiance. Un cœur prêt à s’abandonner dans les bras du Père. Donne nous un cœur plein de vie, de joie, de rire.

j’ai mal à ma France

Ce midi, allant chercher papatissier au travail (ça me fait marcher et ça aide Poussin à descendre daigner nous rejoindre), j’attends le tram me faisant la réflexion que « c’est étrangement mort ce matin », il n’ y a pas un passant dehors, il fait gris on sent une chape de plomb qui plane sur nous comme si le temps c’était arrêté sur les événements de ce WE. J’ai mal à ma France!

Je m’apprête à monter dans le tram à l’arrêt quand une dame d’un certain age ou d’un age certain monte derrière moi en râlant « pouvez pas aller plus vite le tram va pas vous attendre » . Je me retournes avec toute la mobilité que mon statut de baleine à quelques jours d’accoucher  exige pour lui sourire et le dire avec un humour un peu fatigué je l’avoue « ne vous inquiétez pas on montera tous dans le tram » et je l’entends fulminer dans mon dos « mais quelle cinglée celle là ! ». Je ne sais pas ce qui la rends furieuse comme ça mon sourire, mon calme ou juste cette chape de plomb mais j’ai mal à ma France. Plutôt que de répondre, m’énerver contre l’insulte gratuite, je contente de fermer les yeux, l’ignorer et faire cette prière « pardonne lui Seigneur elle ne sait pas ce qu’elle fait/dit » . Pendant ce temps là les rares personnes présentes n’ont même pas levé les yeux,  trop occupé à gérer le stress palpable qu’un potentiel conflit laisse transparaître. J’ai mal à ma France qui se terre, qui a peur. Je refuse cette psychose même dans mon quartier hétéroclite et « étranger » où tu entends plus facilement de l’Africain et de l’Arabe que du bon Français de France. Je refuse de céder à cette peur de l’autre car l’autre est beau, l’autre est aimable et puis je veux malgré tout croire à la Vie. Ma fille, mon bébé, mon mari me l’ont rappelé chacun à leurs manière JE SUIS VIVANTE!

Mais j’ai mal à ma France, j’aimerais lui faire un gros câlin comme à ma fille quand elle a un chagrin. Lui dire que ça ira  mieux demain, qu’elle n’a rien à craindre les adultes veillent sur elle. J’aimerai toi ma France te redonner confiance en l’avenir. Alors malgré la profonde douleur de ces martyres pour beaucoup morts si jeunes si innocent, la peur des autres je sors, je vie, je souris mais je reste prudente aussi ma rencontre de ce matin m’a rappelé combien chacun gère ses « maux » différemment et que actuellement la tension est telle que même un sourire, un regard peut déclencher une bombe.

« SEIGNEUR FAIT DE MOI UN INSTRUMENT DE PAIX »

demain est un autre jour

Ce  matin, le monde se réveillait dans le froid, la terreur, le choc. Paris brûle t’il?  le monde s’interroge, se relève peu à peu, pleure les disparus, cherche ceux qui sont sans nouvelles et continu sa route.

Nos dirigeants vont en avoir du pain sur la planche, pas mal de boulot en espérant qu’ils soient bien inspiré de prendre leurs responsabilités et relever cette France en douleur, blessée, martyrisée pourquoi déjà? ah oui parce qu’on est « un pays de croisé » , ça donnerai presque envie d’en être fier, fier de porter sa croix, fier d’être chrétien cette expression si elle n’était pas lancé comme une  insulte pour justifier un acte inqualifiable, injustifiable, impardonnable et pourtant… Où notre foi nous mènera t’elle? ne doit on pas prier pour ceux qui nous persécutent? ne doit on pas pardonner, sans juger? Notre Dieu d’Amour est il là dans ce silence meurtrier, cette folie furieuse de tuer tant d’innocents?

Et moi là à 6j d’un rendez vous attendu, de ce moment fatidique de DONNER LA VIE je regarde ma fille dormir paisiblement, elle  qui toute la journée dans son insouciance d’enfant de 20 mois aura jalonné de sourires, de rires parfois de pleurs notre quotidien. Que va t’on te transmettre à toi? à  ce petit dhom qui s’apprête à nous rejoindre? un texte m’a beaucoup touché ce soir http://www.poteaurose.fr/comment-imaginer-ta-vie-ma-puce/ , il me parle d’autant plus que toute la journée je me suis posée ce genre de questions qu’on ait la Foi ou pas ou plus…  et nos enfants dans tout ça?

ce texte délicat, pleins d’interrogations mais aussi d’espoir, d’espoir parce que nous aussi on a un sacré challenge de vous élever là dedans nos chers petits, on va devoir redoubler d’amour, de confiance sans pour autant renier notre responsabilité de parents, d’éducateurs.

Et puis il y a eu ces quelques mots échangés, ce sourire, ces petites nouvelles anodines mais qui font du bien d’abord parce que ça faisait longtemps (trop) qu’on en avait pas pris l’un de l’autre et parce que c’est le signe que la vie qui s’écoule est aussi porteuse de joies qu’il nous faut absolument préserver voir entretenir. D’ici le 31 décembre 3 naissances à venir dans notre entourage proche (sans compter la notre) c’est beau même si c’est symbolique face à tout ce carnage, ça n’enlève pas la douleur et le deuil mais bon ça fait du bien quand même de voir que la vie continue malgré son flot d’incertitudes, son flot d’appréhension pour l’avenir.

Il ne faut pas que la peur s’arrête chez nous (facile à dire quand on a pas vécu les choses de pleins fouets c’est vrai), la prudence oui, la vigilance oui aussi pourquoi pas mais la peur, la haine et la vengeance non.

Un jour je vous raconterai les enfants cette année 2015, cette année où notre France a été tout particulièrement meurtrie, blessée dans son identité, dans son humanité mais cette année aussi toute particulièrement bénie pour notre famille. Je continuerai de vous dire ce que je vous ai dis alors Papa et Maman vous aiment très fort, s’aiment tout aussi fort et croient un peu naïvement (sans doute) que le monde qui nous entoure n’a pas que du noir, du sang et de la terreur à vous offrir.

au delà de nos propres forces

Cette fin de grossesse  tel un vrai et grand chemin de croix vers une belle espérance aura au moins le mérite de me pousser à me poser car les forces physiques diminuant de jours en jours (ouvrant la porte à ma copine « culpabilité » de ne pas être aussi disponible que je le voudrais pour ma puce, ma tornade), les douleurs au niveau du dos devenues quotidiennes se font de plus en plus pesantes et envahissantes. Mais d’autres souffrent tellement plus dans notre monde que  je  préfère tourner mon regard vers la croix.

Et quand je me  dis à chaque pas plus douloureux que je ne pourrais pas en supporter davantage je vois mes forces repousser leurs limites encore un peu plus loin.  Parce que je ne pense pas être une petite nature en général j’ai même une certaine résistance à la douleur mais là je puise réellement mes forces dans la prière, la présence de ma fille et le soutien de papatissier. Je pense à tous ceux qui souffrent en  silence de douleurs bien pire, celles qui n’ont pas la chance de pouvoir porter, donner la vie et je me dis que finalement c’est bien peu de choses tout  ça.

Et toi Marie qui pendant de longues semaines avant la naissance de ton fils, tu as entrepris un grand voyage à dos d’âne et bin ça a pas dû être de tout repos tous les jours et pourtant  tel que je te connais tu n’as pas dû te plaindre beaucoup,  tu devais avoir ton visage le plus rayonnant et ce sourire comblé à l’idée de bientôt rencontrer ton petit bébé si particulier. Tout ça malgré l’incertitude de l’endroit où vous mangerez et vous dormirez chaque jour qui passait , toi tu as sans aucun doute gardé confiance et confié au jour le jour votre journée à Dieu que tu savais là avec vous. Alors toi Marie comme j’aimerai avoir ton abandon et ta confiance, comme j’aimerai sur tes pas aller au  delà de mes propres douleurs et les rendre belles pour qu’elles portent du fruit pour les autres. NON NON ne m’enlève pas ces douleurs Seigneur, elles me rappellent mon humanité, mes fragilités mais aussi ma force. Renforce moi, rejoins moi pour que cette douleur ne me fasse jamais oublier la chance que j’ai d’avoir un bébé en bonne santé, de porter la vie et de voir ma grande petite fille me réjouir de ses babillages tous les jours. Alors non je te demande pas un miracle d’autres en ont bien plus besoin que moi mais juste de faire ce que tu nous as promis : porter avec nous notre « fardeau » . C’est beau et c’est bon de te savoir si proche, j’en avais sans doute aussi  particulièrement besoin moi qui me cherche encore un rythme de tête à tête avec TOI. Je suis loin d’être la plus assidue, tu me bats de loin mais je suis convaincue au plus profond de moi que tu es là patient présent alors pour cet amour inconditionnel MERCI !

yayon (4/11/2015)